L'accessibilité : une histoire de listes ?
L'accessibilité du texte se résume-telle à des listes de critères ? En grande partie mais pas seulement.
Pour les professionnels qui travaillent au quotidien sur ces enjeux, la connaissance et la validation de ces critères sous forme de listes constitue un outil simple, et très efficace. Mais une liste manque de nuances : augmenter l'interlettrage, oui mais jusqu'à quel point ? Utiliser un papier pas trop blanc, oui mais jusqu'à quel point ? etc.
Une longue pratique professionnelle au contact des lecteurs, et au contact d'autres professionnels de terrain, vient apporter des éléments de réponses à ces questions − dont chacune mériterait un article à elle seule. C'est tout l'enjeu des formations que l'équipe du projet Luciole propose aux étudiants et aux professionnels. Avec le constat que ces critères sont parfois difficiles à concilier avec la pratique : un éditeur en grands caractères devra ainsi résoudre l'équation complexe qui consiste à produire des livres avec un corps de texte important, un fort interlignage et un fort interlettrage, tout en préservant un nombre suffisant de signes à la ligne et un coût de production raisonnable pour ces ouvrages. Car l'accessibilité de l'écrit est aussi une accessibilité... financière.
De la même façon, nous l'avons évoqué précédemment, un designer qui s'adresse au plus grand nombre ne pourra pas fournir un support parfaitement adapté à chacun, et devra faire des choix. Il s'agira, encore une fois, de faire des concessions, et il nous semble que cette structuration en listes (critères généralisables et critères spécifiques) est une méthode efficace pour avoir à disposition une base de réflexion claire, à partir de laquelle opérer des choix éclairés et argumentés.
Chaque professionnel devrait donc avoir à sa disposition au moins deux listes (l'une généraliste, l'autre spécifique à son domaine d'activités) ; et dans le cas, finalement très courant, où le professionnel est amené à s'adresser à des publics qui varient, il devrait disposer de tout un éventail de listes complémentaires : critères "presque" généralisables, critères spécifiques aux principaux handicaps, critères de rédaction pour produire des textes faciles à comprendre, critères de structuration pour organiser logiquement les contenus.